korup-impact

 

  • Déplacement: Le décret de création du parc national de Korup datant de 1986 stipulait que les 1465 personnes vivant dans les six villages au sein du parc devaient être réinstallés à l’extérieur du parc (Marcus Colchester, 1994; Francis, 2010). La politique et la décision de déplacement ont été prises sans consulter la population ciblée. Elle n’était pas informée qu’elle allait être déplacée ni où elle allait être emmenée, ni comment et quand les processus allait débuter (Francis, 2010). Le gouvernement camerounais a pris la responsabilité de compenser les populations déplacées mais n’a pas tenu sa promesse auprès de nombreuses personnes et le plan s’est avéré être un échec (Francis, 2010; Colchester, 1994).
  • Moyens de subsistance: Schmidt-Soltau estime que, pour les populations locales, la perte des moyens de subsistance forestiers (chasse, cueillette et la production de produits forestiers autres que le bois) réduirait leurs revenus d’un tiers (Schmidt-Soltau, 2002a: 10). En 2014, il a été annoncé que trois des cinq villages à l’intérieur du parc obtiendraient le statut légal d’enclave et de zone d’exploitation permanente où les cultures et la récolte de produits forestiers autres que le bois seraient autorisées (WWF Coastal Forests Programme, 2014: 3).
  • Conflits: Au cours de la réinstallation, les communautés déplacées n’ont pas été consultées sur l’emplacement de leur futur lieu de vie et sur la manière dont elles devront vivre. Cela a débouché sur de violentes confrontations entre les communautés et le gouvernement camerounais. Des victimes ont été signalées et certaines personnes sont retournées à leur ancien foyer (Francis, 2010). Depuis la mise en place du Projet Korup en 1986, il a été rapporté que les rangers avaient, à maintes reprises, lancé des ‘raids contre les villages’, confisquant les jeux et les armes alors que les populations locales refusaient de se conformer aux lois autres que les coutumières (Schmidt-Soltau, 2002a: 5).
  • Violations des droits de l’homme signalées: Les tensions sont connues (précédemment citées), mais aujourd’hui, aucun rapport clair d’abus commis par des éco-gardes n’a émergé.
  • Activités génératrices de revenus: Aucune.
  • Présence de populations autochtones: Pas de présence de populations autochtones signalée.
  • Consultation préalable : Les communautés locales n’ont pas été consultées concernant la création du parc, sa planification initiale et les modalités de leur réinstallation (Schmidt-Soltau, 2002a; Francis, 2010; Mbile, 2009: 174). Cela a conduit à des mesures inappropriées de relocalisation comme l’attribution de logements incompatibles avec la manière de vivre des populations (Schmidt-Soltau, 2002b: 15). Ce manque de consultation préalable a été largement associé avec l’échec du parc dans son ambition de protéger la biodiversité (Gibson and Marks, 1995 ; Mbile, 2005).
  • Participation et consultation: En 1992, un programme de développement dirigé vers les zones rurales entourant le parc de Korup a été conclu entre l’Union Européenne et le gouvernement du Cameroun « afin d’aider les populations locales à trouver des alternatives économiques durables aux pratiques actuelles de chasse, de capture, de cueillette et de déforestation dans le parc ». Un programme d’éducation environnementale et de sensibilisation qui assisterait les populations locales dans leur participation aux processus décisionnels et dans leurs gestion de leurs propres ressources a également été envisagé (Schmidt-Soltau, 2002a: 7).  En 2008, il a été proposé que les cinq villages situés à l’intérieur du parc deviennent des enclaves légales disposant de zones d’exploitation permanente. Une méthodologie participative pour les processus de négociation a été finalisée en 2014. Les villages et leurs élites, l’administration locales et les services du parc se sont mis d’accord sur les limites de la zone et élaborés un plan de gestion et d’utilisation des terres (WWF Coastal Forests Programme, 2014: 4). Un accord signé en mars 2015 a donné à la population d’un des cinq village, Erat, la résidence permanente et réglementé les droits d’utilisation de leur environnement (The Green Vision Newspaper, 2015).