tayna-impact

Déplacements : Un grand nombre de personnes originaires des villages présents sur le territoire de la réserve de Tayna et ayant été déplacées par le conflit civil se sont réfugiées dans la ville de Kasugho (Tchoumba 2011: 13). Les quelques villages situés au sein de la « zone intégrale » déterminée (voir la section moyens de subsistance ci-dessous) ont été incités à se déplacer grâce la mise à disposition de « pôles d’attractivité » à l’extérieur de la zone intégrale. Ces pôles d’attractivité proposaient des cliniques, des écoles et des activités de subsistance alternatives (Melhman 2010: 98).

Diminution des moyens de subsistance : Le plan de zonage de la réserve comprend une zone intégrale où l’exploitation des ressources naturelles est interdite (les restrictions sont comparables à celles existant dans un Parc national). Mais le plan de zonage, qui aurait été conçu en suivant une méthodologie participative, met également à disposition une « zone tampon » de 5 km de large à partir des limites de la zone intégrale, où les habitants actuels peuvent rester et continuer leurs activités pastorales et agricoles. Il met également à disposition une « zone de développement » à l’extérieur de la réserve, où les activités de subsistance sont autorisées (Melhman 2010: 98).

Conflits : Aucun cas de conflit n’a été rapporté.

Violations des droits de l’homme : Aucun cas de violation des droits de l’homme n’a été rapporté.

Activités génératrices de revenus : Tous les membres du personnel embauchés par le projet Tayna sont originaires de la région. D’anciens chasseurs ont été engagés en tant que pisteurs, et grâce à un salaire régulier, ils gagnent bien plus que ce qu’ils auraient gagné grâce à la chasse de subsistance ou au commerce local de viande de brousse. En 2010, la plupart des membres du personnel continuaient à travailler au sein du projet. (Mehlman 2010: 94). Plusieurs projets de développement ont également été mis en place en échange du soutien apporté par les communautés à la conservation de la région. Parmi ces projets, on peut citer la construction d’une petite centrale hydroélectrique ainsi que la rénovation de cliniques et d’écoles (Yanggen, Angu, Tchamu: 146).

Présence de populations autochtones : Aucune présence autochtone n’a été rapportée.

Consultation préalable : Le personnel sur le terrain du projet Tayna a commencé à travailler avec les villages de la région entre 2001 et 2002 pour sensibiliser les communautés aux avantages potentiels de disposer d’une réserve ainsi que pour définir les limites de celle-ci (Yanggen, Angu, & Tchamou, 2010: 75-76). Selon certains rapports, des titulaires de droits fonciers ont signé une promesse d’engagement, ce qui est interprété comme leur consentement au projet. Cependant, certains craignent que ce consentement ait été donné sur la base d’informations partielles et incomplètes et qu’il ait été obtenu grâce à des promesses exagérément optimistes selon lesquelles le projet apporterait un développement significatif et des gains personnels. (Tchoumba 2011: 9).

Participation et consultation : Un rapport CARPE considère Tayna comme la première réserve communautaire officiellement reconnue de RDC (Mehlman 2010). Les communautés locales ont réussi à trouver une représentation légitime pour exprimer leur cause en faveur de la conservation, tandis que toutes les négociations politiques locales étaient gérées par une ONG locale (Mehlman 2010). Cependant, des inquiétudes ont été exprimées quant au manque de participation suffisant des communautés locales, notamment concernant un projet pilote REDD en cours de réalisation dans la région (Tchoumba 2011).